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BOBO DIOULASSO ” SYA la belle”

Sya : Un village aux origines multiples

Le village de Sya ou Dioulassoba est le noyau originel de la ville de Bobo-Dioulasso à l’ouest du Burkina Faso. Sya est situé au cœur de la ville, dans l’arrondissement n°1. Il occupe une superficie de quinze hectares. L’histoire de sa fondation est très controversée. La tradition orale rapporte plusieurs versions. Selon une des versions, la cité de Bobo-Dioulasso est née entre le Xe et le XVe siècle. Elle s’est forgée autour d’un petit village appelé Kibidoué (ndlr : kibi signifie arbre en Bobo). Elle fut fondée par des agriculteurs Bobo venus du Mandé, l’actuel Mali vers 1050. Par la suite, le village prendra le nom de Sya avec l’arrivée progressive des commerçants (Dioula), venus du royaume de Kong

D’après une légende, Sya était une jeune vendeuse de dolo (la bière de mil), connue pour sa générosité. Pour le chef de canton des bobos, Sidiki Sanou, le fondateur serait un chasseur venu du Mandé. Il se serait installé là parce qu’il y avait une forêt.
Mais, il est probable que la fondation de Sya remonte plus tôt, aux environs du Ve ou du VIe siècle, par une ethnie autochtone constituée sur place. Elle aurait d’abord habité dans des grottes, notamment dans les falaises qui longent la ville de Bobo-Dioulasso.

De l’invasion des Dioulas de Kong au protectorat français

En 1714, le royaume de Gouïriko actuel Bobo-Dioulasso fut conquis par Famara Ouattara, un prince Dioula venu du royaume de Kong, situé au Nord de l’actuelle Côte d’Ivoire. Pendant plus d’un siècle, les Ouattara, qui ont installé leur capitale à Bobo-Dioulasso, vont assoir leur domination sur toute la région. Au siècle suivant, les Dioulas vont devoir combattre le Kénédougou, un autre royaume Dioula rival, fondé à Sikasso dans l’actuel Mali par les Traoré. Ces guerres vont affaiblir le Gouïriko, qui entre en décadence à partir de la deuxième moitié du 19e siècle. Devant la puissance des troupes coloniales françaises, celui-ci signera un traité de protectorat en 1897. La même année, la ville est érigée en poste administratif et militaire. En 1904, le commandant Caudrelier lui donne le nom de Bobo-Dioulasso, ce qui signifie « la maison des Bobo et des Dioula ».

Sya, trois grandes familles, trois villages unis

Sya est composé de trois villages, Kibidoué et Tiguisso (qui se disputent l’origine de Sya) ainsi que le village Bobo-dioula. Ces trois villages ont donné naissance à dix huit foyers, dont quatre à Konsa, six à Tiguisso et huit à Kibidoué. Ces villages ont chacun une maison mère qui est celle du fondateur ou encore l’aîné du lignage.
Deux systèmes traditionnels du pouvoir cohabitent à Sya : celui lié au lignage à Kibidoué et Tiguisso et celui lié au pouvoir centralisé c’est-à-dire le chef de canton chez les Bobo dioula qui a été introduit par la colonisation. Malgré tout, Sya a conservé ses us et coutumes. Les bâtiments sont le reflet du patrimoine immatériel qu’ils renferment. Témoin de la mémoire collective du village, Sya est le symbole d’une cohésion sociale réussie. On y retrouve la grande Mosquée de Dioulassoba construite en 1893 selon la communauté musulmane, la chapelle de Sya construite pendant la colonisation et plusieurs lieux de culte de la religion traditionnelle bobo dont les marigots Houet et Sagnon d’où on retrouve les silures sacrés, symboles actuels de la ville de Bobo-Dioulasso.

mosquée de Dioulassoba, une reconnaissance à l’almany Sakidi Sanou

La grande mosquée de Dioulassoba est l’un des plus anciens monuments du Burkina Faso. Sa construction s’est faite à l’initiative de l’almany Sakidi Sanou. A la tête d’une armée de coalition composée de Bobo, de Dioula et de Tiefo, il a pu vaincre Tieba Traoré roi de Sikasso (Kénédougou) à la bataille de Bama. Pour le remercier, les chefs coutumiers répondirent favorablement à sa demande de construire une mosquée de vendredi. La construction a débuté en 1870 et a duré 10 ans selon des sources concordantes .Selon la communauté musulmane, elle a débuté en 1893. L’érection de la bâtisse a mobilisé toute la population de Sya qui était en majorité animiste

Le marigot Houet, la sève nourricière de Sya

Le marigot Houet fut découvert par le premier habitant de la ville. Pour le chef de canton, Sidiki Sanou, l’ancêtre des Bobo se serait installé là, à cause de la forêt. Il raconte : « un jour, le besoin d’eau s’est fait sentir. Sa femme lui demande d’en chercher. En sortant de Sya, il trouve le marigot derrière la forêt. De retour avec de l’eau, il explique à sa femme que l’eau est à coté, sous nos pieds, ce qui veut dire en Bobo « houet ». L’histoire des silures sacrés est partie d’un songe de ce même fondateur. Après la vision des silures dans son rêve, le lendemain, il va parler aux silures qui lui confient des secrets. Depuis lors, les poissons sont sacrés et les bobos les honorent. Il est interdit de les agresser ou de les manger sous peine de sanctions. A la mort des poissons, ils sont inhumés comme des humains dans la pure tradition bobo. On trouve ces silures tout le long du marigot Houet qui traverse le village Sya

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